Historiques - Grez-Doiceau
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Historique de Grez-Doiceau (Historiques)

Vers l’an 1110, nous entendons parler fréquemment de Sart (1) associé à diverses formes, qui variaient d’après les actes. Godefroid Ier, dit le Barbu, avait accordé des chartes au prieuré de Basse-Wavre. Il pria Siger de Longinsart de lui servir de témoin en cette circonstance. C’est le premier seigneur de Sart duquel il est fait mention dans l’histoire.
Mais que deviennent nos Comtes de Grez après la mort de Henri ? Nous sommes dans l’ignorance à ce sujet. Il est cependant reconnu qu’à partir de cette époque, le titre de Comte ne fut plus conféré aux seigneurs de notre village.
Est-ce par rivalité entre les ducs de Brabant et nos Comtes ? Probablement.
Vers l’an 1145, les Chevaliers de Grez étaient qualifiés, soit d’hommes libres (ingenuus homo), soit de membres de la Familia du duc de Brabant.
Sanderus cite un Werner, comte de Grez qui vivait sous le règne de Godefroid III, duc de Brabant. La chose n’est pas en contradiction avec notre opinion, Godefroid n’ayant été sacré duc qu’en 1142.
Dix ans plus tard apparaît un Thomas de Greis, homme libre, à qui succède un Arnould de Greis, membre de la familia du duc Godefroid III.
Le village de Grez, groupé autour de l’église, consacrée à saint Georges, commençait à s’organiser et à prendre l’essor que nous lui connaîtrons bientôt.
Pour favoriser cette efflorescence, des habitants de la localité, groupés en corporation ouvrière, créèrent une gilde qu’ils mirent sous la protection de saint Georges, patron de la paroisse.
Cette corporation, ouvrière en son essence, fut bientôt organisée en congrégation religieuse d’abord, militaire ensuite. Un autel à saint Georges fut édifié à ses frais et confié à sa garde et à ses soins. Lors du décès d’un des siens, la corporation entière assistait aux funérailles. Chacun de ses membres était initié au maniement des armes, et le tir à l’arbalète était leur principal délassement. De là leur nom d’arbalétriers de saint Georges.
Rase de Grées était alors le seigneur de l’endroit. En 1200, il épousa Marie et de cette union naquit Nicolas, chevalier de Greis.
Ce dernier avait reçu de ses parents le domaine de Festiaux, situé à Grez, près de la ferme de Beausart. Il comprenait un bois, des terres et des bruyères. Avec l’assentiment de Henri 1er, duc de Brabant, il fit don de ce domaine à l’abbaye d’Alne.
 

Historique de la Gilde (Historiques)

Des Gréziens accompagnèrent leur seigneur, le comte Werner III, quand il partit en croisade avec son cousin Godefroid de Bouillon. Ceux qui en revinrent rapportèrent une arme nouvelle "l'arbalète".
Dès 1152, les habitants de Grez, groupés autour de l'église, s'assemblèrent en corporation ouvrière. Ils placèrent leur gilde sous la protection de Saint-Georges. Pour défendre la bourgade contre les bandes de pillards et contre les envahisseurs éventuels, ils s'armèrent de lances, d'arcs et d'arbalètes. La gilde fut donc essentiellement d'autodéfense et religieuse.

Comme porte-étendard de Jean I, duc de Brabant, le comte Rase de Greis participât avec des Gréziens armés, à la bataille de Woeringen en 1288.
Entre-temps, la gilde s'était constituée en "serment". Ses membres devaient jurer de remplir loyalement leurs obligations, c'est-à-dire, participer aux exercices de maniement des armes et de tir ainsi que maintenir l'ordre et veiller à la sécurité. En contrepartie, ils recevaient du drap pour la confection d'une tenue et une solde pour tout service armé.

En 1312, le "Serment de Grez" fut reconnu officiellement par la Charte de Cortenberg, sanctionnée par Jean II, duc de Brabant.
La création des armées régulières, une paix relative ainsi que les tirs annuels des Roys et la participation aux tirs de compétition ont fini par effacer le rôle premier, c'est-à-dire le service militaire du serment et l'ont transformé petit à petit en société d'agrément qui, néanmoins, resta fidèle à la tradition de prestation de serment.

C'est ainsi que le serment assista, en 1551, à Louvain, à une assemblée ayant pour but la révision des statuts du "JOYAU du PAYS en BRABANT".
Considéré comme dangereux, le Serment de Grez fut aboli une première fois le 26 avril 1796 par les dirigeants de la révolution française. Interdit une nouvelle fois par le roi Guillaume de Hollande vers 1828, il cessa d'exister en 1835.

Les traditions ancestrales de tir et de prestation de serment auraient été perdues définitivement si, en 1978, quelques gréziens n'avaient décidé de les relancer. Avec l'aide du Grand Serment Royal et Noble de Notre-Dame du Sablon de Bruxelles, la gilde médiévale fut reconstituée peu à peu.
En décembre 1978, le GRAND SERMENT ROYAL DES ARBALETRIERS DE SAINT-GEORGES fut relancé, sous la haute protection de Sa Majesté le Roi Léopold III.
Le premier décembre 1979, dix-huit membres prononcèrent la phrase:

"Sur mon honneur et ma conscience, je le jure"

répondant ainsi à la question posée par le Doyen de Grez;

"Par Notre Dame, Mère de Dieu et par le preux chevalier Georges, saint patron des arbalétriers et suivant la tradition, jurez-vous fidélité et loyauté au Grand Serment Royal des Arbalétriers de Saint-Georges de Grez-Doiceau" ?

Depuis lors, l'intronisation des Roys et la prestation de serment des nouveaux membres ayant accompli un stage de neuf mois ont lieu chaque année durant la messe du samedi soir précédant la fête de Saint-Georges. Entourés des familles et amis, tous les arbalétriers y assistent en blazer bleu avec écusson et baudrier aux couleurs du Serment qui sont aussi celles de Grez.
 

Historique de Saint-Georges (Historiques)

Légende ou réalité

Beaucoup de légendes circulent autour du personnage de Saint Georges. La plus fameuse, et la plus connue, est bien sûr celle du dragon. Ce monstrueux animal, ce monstre légendaire qu'il a vaincu avec son épée et sa force surnaturelle. Saint Georges était avant tout un soldat. Il existe d'innombrables récits sur la protection qu'il apporta au cours des multiples conflits et batailles qui marquèrent l'histoire. Cela ne l'empêche pas d'être l'un des saints les plus vénérés en Russie et en Grèce, mais il ne faut pas oublier qu'il est également le patron de l'Angleterre, de Venise, de Gênes, de Mons et de Barcelone. Mais Georges est également le patron des organisations chevaleresques occidentales et notamment de l'ordre Teutonique.

Sa vie

A propos de saint Georges que les Orientaux appellent le grand martyr, on peut dire, avec certitude, qu’il fut martyrisé à Lydda (ou Diospolis, l’actuelle Lod), en Palestine où son culte est attesté depuis les temps les plus reculés. Les traditions veulent que son père, Gérontius, qui adorait les idoles, vînt d’Arménie en Cappadoce où naquit Georges (on dit que ce fut en 280) ; elles ajoutent que sa mère, Polychronia, qui était chrétienne à l’insu de son mari, instruisit Georges des vérités de la religion. Georges, disent-elles encore, fut baptisé dès sa jeunesse et s’employa à combattre le culte des idoles : il brisait les idoles dans les temples, tuait leurs prêtres et distribuait aux pauvres d’abondantes aumônes. La Légende dorée, de Jacques de Voragine, montre saint Georges détruisant un dragon qui désolait la province de Libye nommée Silène.

Converti au christianisme au 4ème siècle, saint Georges fut investi par le Tout-Puissant du pouvoir d'accomplir des miracles. Particulièrement spectaculaires lors de son martyre, ces actes prodigieux sont à l'origine du culte qu'on lui voue autant en Orient qu'en Occident. On raconte que la victoire sur les Sarrasins à Antioche ne serait pas étrangère à l'apparition de saint Georges et de saint Démétrius qui seraient venus encourager les guerriers dans leur combat. Nés en Palestine et en Égypte, le culte et la légende qui entourent la vie du saint se propagent en Europe avec les croisés (11ème-12ème siècle). La légende de St Georges sera adaptée par Jacques de Voragine dans La Légende dorée.

Son histoire

Un jour, Georges arriva dans une ville de la Libye nommée Silène (Silcha). Or, dans un étang voisin de la ville habitait un dragon effroyable qui, maintes fois, avait mis en déroute la foule armée contre lui. Parfois, il s'approchait des murs et empoisonnait de son souffle tous ceux qui se trouvaient à sa portée. Pour apaiser la fureur de ce monstre et l'empêcher d'anéantir la ville entière, les habitants lui offraient, chaque jour, deux brebis. Mais bientôt le nombre de brebis se trouva si réduit que force fut aux habitants de tirer au sort une créature humaine et aucune famille ne fut exceptée de ce choix. Et déjà, presque tous les jeunes gens de la ville avaient été dévorés lorsque, le jour de l'arrivée de saint Georges, le sort désigna pour victime, la fille unique du roi.
Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse attend donc la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande et on baptisa quinze mille habitants sur le champ. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix : ...Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse: "Mon enfant, ne crains rien et lance ta ceinture autour du cou du monstre!" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse.
La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée.

Une autre légende dit que St Georges est apparu au Roi Richard 1er (dit Cœur de Lion), pendant sa croisade contre les Sarrasins, et qu'en soutenant l'armée anglaise, il conduisit ses soldats à une victoire considérée comme miraculeuse.

St Georges est le symbole du courage, mais il est avant tout un soldat. Beaucoup d'écrits font mention des surprenantes victoires obtenues avec son aide. Les troubadours du 14ème siècle lui dédièrent nombre de leurs chansons, en vantant ses exploits. Saint Georges est le représentant des vertus militaires et le protecteur des armées... Ceci explique peut-être la vénération dont il fut l'objet à l'époque où la chevalerie était florissante.

Représentation

Saint Georges est représenté à cheval, en armure, et muni d'un écu et d'une bannière argentée avec croix rouge ("de gueule"). C'est cette croix que l'on retrouve dans le drapeau anglais et sur le bouclier des croisés. On le représente le plus souvent en lutte avec le dragon, mais on le voit également parfois sur une roue à lames de fer.

Les "Saint Georges"

Le drapeau de l'Angleterre s'orne de la «croix de Saint-Georges» depuis 1284. Saint Georges est aussi le patron de l'Ordre anglais de la Jarretière, fondé par le roi Édouard III le 23 avril 1348 en l'honneur de sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Des ordres honorifiques le prirent pour patron en Autriche et en Espagne. La puissance miraculeuse attribuée à l'étendard de St Georges déterminera le prince de Moscou et, plus tard, la Russie toute entière, à l'adopter comme écusson nationale. Même la propagande révolutionnaire à tenu compte de sa popularité lorsque, sur une affiche, Trotski fut représenté en cuirasse, sur un cheval cabré, terrassant le "dragon" de la contre-révolution. Et si un jour vous passez par Venise, ne manquez pas d'y admirer l'extraordinaire fresque peinte par Carpaccio, illustrant l'aventure héroïque de St George. Le saint est toujours très populaire en Orient.

Quelques traductions de Georges : en latin = Georgius, en italien = Giorgio, en espagnol = Jorge, en anglais = George, en allemand = Georg, en russe = Youri, en ukrainien = Youra.

Sa fête et dicton

La fête de Saint Georges est célébrée le 23 avril. Choisi comme saint patron des militaires, il y a bien des siècles, St Georges est devenu le protecteur des chevaliers puis de la cavalerie et, par extension, de tous les cavaliers civils.

Pluie de Saint Georges, coupe aux cerises la gorge. Quand il pleut le jour de saint Georges, sur cent cerises, on en a quatorze.

D'autres 23 avril

Naissances célèbres
1858 Max Plank est né à Kiel, prix Nobel de physique en 1918.
1867 Johannes Fibiger, physiologiste, prix Nobel de physiologie et de médecine en 1924 pour ses travaux contre le cancer.
1897 Lester B. Pearson, prix Nobel de la Paix en 1957.
1902 Halldor K. Laxness, prix Nobel de littérature en 1955.
1918 Maurice Druon, écrivain, membre de l'Académie Française.
1928 Shirley Temple, actrice : "Now i'll tell", "L'amour à toujours raison",..., elle obtint un Oscar spécial à l'âge de sept ans ! Elle fut aussi ambassadrice des U.S.A. en Tchécoslovaquie, déléguée des U.S.A. aux Nations Unis,...
1936 Roy Orbinson, chanteur.
1940 Lee Major, acteur : "L'homme qui valait trois Milliards", "L'homme qui tombe à pic", ...
1943 Jean-François Stevenin, acteur et réalisateur : La Repentie, Mischka, Les Frères Gravet, De l'amour, Le Pacte des loups, Les Frères Soeur, Fait d'hiver, A vendre, Ca ne se refuse pas, Le Bossu,....
1947 Michel Leeb, humoriste et acteur (Les Amis de ma femme )
1963 Paul Belmondo, coureur automobile, fils de Jean-Paul Belmondo, l'acteur.
1975 Damien Touya, escrimeur au sabre.

Décès célèbres
1616 William Shakespeare, écrivain.
1616 Miguel de Cervantes, auteur et poète espagnol : "Don Quichotte".
1671 Vatel se suicide pendant une réception de la Cour au château de Chantilly.
1813 Antoine Augustin Parmentier, agronome, introducteur de la pomme de terre en France.
1951 Charles G. Dawes, prix Nobel de la Paix en 1925.
1958 Knut Lundmark, astronome.
1990 Paulette Gauddard, actrice.
1998 Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais, speakerine célèbre dont la voix demeure associée à "La Séquence du Spectateur".

Commentaire

Les saints terrassant (et non tuant !) un dragon appartiennent à la race des dieux solaires comme Apollon, Persée, Bellérophon, Michel et d’autres. Le dragon symbolisant l'Elément "mercuriel" de la Création, ces dieux solaires représentent son Elément "sulfureux". Or, pour que la Création soit, le Mercure doit être "fixé" par le Soufre. Cette fixation du Mercure terrestre par le principe céleste est symbolisée par la victoire du héros solaire. Cependant, le Mercure ne peut pas disparaître sinon la Création disparaîtrait. Il doit seulement être "mis à sa place", c'est-à-dire terrassé, c'est-à-dire "mis à la Terre".

"Georges" appartient à la famille linguistique des Géry (fondateur de la ville de Bruxelles), mais aussi à celle de Gargantua (avatar de saint Michel puisque comme chacun sait, la Mont-Saint-Michel s’appelait autrefois le Mont Gargan), de la Gorgone (qui elle aussi "pétrifie" celui qui la fixe), etc.
Fêté au moment où le soleil commence à s'imposer à l'hiver, Georges symbolise aussi la puissance de la vie naissante.

Sa mort

Cappadocien noble et riche, tribun de l’armée impériale, Georges parut devant le tribunal que l’empereur Dioclétien, assisté de Magnentius, tenait, en présence du Sénat et de l’armée, pour exterminer le christianisme et rétablir le culte des idoles. Georges ayant confessé sa foi au Christ, Magnentius l’interrogea et Dioclétien l’exhorta à offrir un sacrifice aux dieux; sur le refus de Georges, Dioclétien le fit cruellement frapper et ordonna qu’on l’enfermât avec une énorme pierre sur la poitrine. Le lendemain, Georges fut torturé mais un ange vint guérir ses blessures et le délivrer. Georges revint devant l’Empereur qui offrait un sacrifice à Apollon ; de nouveau saisi, il convertit deux stralétates qui furent immédiatement condamnés à mort ; l’impératrice Alexandra se déclara chrétienne et se retira du palais. Georges fut jeté dans une fosse remplie de chaux vive dont il sortit sain et sauf trois jours plus tard. Condamné à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu, il fut de nouveau guéri miraculeusement de ses blessures ; une séries de supplices, chacun miraculeusement guéris, se succédèrent jusqu’à ce que Dioclétien ordonnât la décapitation de Georges (on croit qu'il est mort en Nicomédie et que ce fut le 23 avril 303).

Après sa mort

Le corps du martyr fut inhumé à Lydda où chrétiens et musulmans croient qu’il se trouve encore, dans une crypte, sous l’autel. Dès le 4ème siècle, en Syrie, on dédia des églises à saint Georges (Eaccœa, Zorava, Nahita) qui eut un monastère à Jérusalem et un autre à Jéricho; en Egypte, il patronna quarante églises et trois monastères; à Constantinople, Constantin fit élever une église à la mémoire de saint Georges dont il y eut aussi des sanctuaires à Mytilène, à Bizana, à Thessalonique et Athènes, tandis qu’à Chypre, on en comptait plus de soixante. Saint Georges étant un des protecteurs des milices de Byzance, son culte arriva en Italie par la Sicile (Palerme et Naples) et par Ravenne où il est attesté dès le 6ème siècle, ainsi qu’à Ferrare. Clovis fit élever un monastère en l’honneur de saint Georges dont saint Germain de Paris (mort en 576) avait propagé le culte. Il semble que culte de saint Georges fut établi à Rome sous Léon II (682) qui construisit une église en l’honneur des saints Sébastien et Georges; saint Georges prévalut, sous le pape Zacharie (vers 650), quand on y transporta le chef de saint Georges. Selon Venance Fortunat, il existait, à Mayence, une basilique dédiée à saint Georges.

Historique de l'arbalète (Historiques)

Arbalète vient du latin arcuballista, composé de arcus, "arc", et ballista, "baliste", "machine à lancer des projectiles". La baliste pouvait envoyer différents projectiles, notamment des traits, des carreaux (des flèches d'arbalète à fer en losange à quatre pans). Son nom évoque l'aiguillon de la première nageoire dorsale de poissons qui se tend brutalement pour frapper un ennemi. Baliste est d'ailleurs aussi le nom d'un poisson réputé venimeux.

La force de pénétration des flèches d'arbalète ne le cédait en rien à celle des fameux arcs gallois, qui anéantirent notamment la chevalerie française à Azincourt, en 1415.

Il existe plusieurs modèles d'arbalète, dont certains sont encore utilisés, semble-t-il, par des services spéciaux. La pratique du tir à l'arbalète est par ailleurs un sport recherché, mais à pratiquer avec prudence. Si le tireur amateur a tendance à être distrait, l'entourage a tout intérêt à "se tenir à… carreau" !

Arbalète (n. f.)

1. Arme de trait, arc puissant monté sur un fût et bandé à l'aide d’un mécanisme (moufle, cric ou levier). Tir à l'arbalète.

       

2. (Marine) Instrument, remplacé aujourd'hui par le sextant, dont on se servait pour mesurer la hauteur d'un astre au-dessus de l'horizon.

Arbalétrier (n. m)

1. Anciennement, soldat armé de l'arbalète.

2. (Construction) Chacune des deux poutres inclinées suivant la ligne de la plus grande pente d'un toit et soutenant les pannes et la couverture.

Arbalétrière (n. f)

(Fortification) Ouverture étroite, évasée vers l'intérieur, pratiquée dans une muraille pour tirer à l'arbalète.

Arc (n. m)

Arme constituée d'une pièce longue et mince en matière élastique, courbée par une corde assujettie à ses deux extrémités et servant à lancer des flèches. Bander un arc avant de décocher une flèche. Loc. fig. Avoir plusieurs cordes à son arc: disposer de plusieurs moyens pour parvenir à un but; avoir des talents variés.

Depuis le début des temps

Voici une cinquantaine de milliers d'années environ, l'homme, selon toute vraisemblance s'est posé une question : comment lancer une pierre taillée en pointe de façon à abattre un animal d'aussi loin que possible ? La lance munie à son extrémité d'une pierre tranchante avait donné d'excellents résultats. Elle permettait de harponner des poissons et de tuer les petits animaux qui se cachent dans des terriers ou vivent dans les arbres. Projetée à distance par un bras puissant, elle pouvait atteindre un animal et le tuer. Néanmoins, quelles que fussent l'adresse du tireur et sa force physique, la portée de cette arme demeurait assez limitée : une douzaine de mètres au plus.

Il fallait trouver autre chose. L'homme remarqua alors que les branches de certains arbres pouvaient être courbées à la force du poignet, mais qu'elles reprenaient leur forme initiale aussitôt relâchée. Cela lui inspira un autre moyen d'envoyer ses lances, un moyen bien plus efficace que les muscles de ses bras. Il imagina de réunir par une liane les deux extrémités d'une branche : l'arc était né. Dès lors il pouvait viser avec précision et abattre un animal à une quarantaine de mètre.

Avec le temps, l'arc et la flèche allaient composer une arme à la fois offensive et défensive. L'homme pouvait attaquer l'ennemi en restant caché. L'infanterie pouvait progresser à l'abri des volées de flèches que les archers décochaient à l'adversaire. L'arc se muait en arme défensive lorsque les flèches étaient lancées de haut sur l'assaillant venu de la vallée ou assiégeant une citadelle.

Plusieurs siècles avant notre ère, l'armée perse fut probablement la première à organiser des unités d'archers munis de flèches de guerre, plus petite que les flèches de chasse. Déjà les archers s'équipaient de carquois dans lesquels se trouvaient leurs munitions. Une très belle terre cuite polychrome du palais d'Achémédes, à Suse en offre une remarquable illustration.

Les Grecs devaient faire un large usage des arcs et des flèches dans les batailles. Leurs arcs étaient faits de branche d'orme, de frêne et de noisetier, mais parfois aussi de métal, ou de corne. La mythologie grecque fait une large place aux Amazones armées d'arcs et de flèches. Celles-ci furent conduites par deux célèbres reines Hippolyte et Penthésilée. Dès l'adolescence, les Amazones se comprimaient (et non coupaient) le sein droit, pour mieux pouvoir tirer à l'arc. Achille, Thésée et Hercule se sont disputé l'honneur d'avoir battu les Amazones et d'avoir tué chacun une de leurs reines. Le poète grec Homère, auteur de l'Iliade et de l'Odyssée, a immortalisé Ulysse, possesseur d'un arc que lui seul pouvait tendre. Lorsque Ulysse, méconnaissable rentra à Ithaque, il trouva sa maison envahie par les prétendant de sa femme Pénélope. Il prit son arc et tira une flèche. Pénélope alors le reconnu, sous ses habits de mendiant. Mais bien d'autres histoires d'arc et de flèches nous sont comptées dans les mythologies gréco-romaines.

Ridrigo Diaz de Bivar (1040-1099) fut un ardent défenseur de l'Espagne contre les Arabes. La légende veut que blessé par une flèche à la veille d'un combat décisif, il préféra laisser la flèche dans la plaie et mourir en selle plutôt qu'être immobilisé et guérir loin de la bataille. Ainsi naquit la légende du Cid.

Impossible de narrer l'arc et la flèche sans évoquer Robin des Bois. Lorsque Richard (pas encore Cœur de Lion) (1157-1199) quitta l'Angleterre pour une croisade, son frère Jean tenta d'usurper le pouvoir. Prenant la tête d'un groupe de loyalistes, Robin des Bois, mena un combat sans merci contre l'usurpateur. De nos jours, Robin des Bois reste un héros populaire célèbre.

Pendant les Croisades entreprises par les peuples d'Europe afin de « délivrer » le tombeau du Christ les arcs et les flèches furent encore les armes favorites des adversaires en présence. C'est vers cette époque qu'apparut l'arbalète. Cette arme comprend un arc très puissant remonté par un système mécanique. Déjà connue par les guerriers d'Egypte et de Mésopotamie, l'arbalète lançait très loin des traits enflammés. L'arbalétrier remonte son arme, vise et lâche une gâchette qui libère avec force une lourde flèche.

Le 26 août 1346 demeure une date essentielle dans l'histoire de l'arc et des flèches, autant que dans l'Histoire du monde. 1346 : la Guerre de Cent ans dure depuis neuf ans. Elle a pour cause principale la prétention d’Edouard III, roi d'Angleterre, à régner sur le royaume de France à la place de Philippe VI de Valois. Et le 26 août à lieu la bataille décisive de cette première phase de la Guerre de Cent ans. Près du village de Crécy, au nord d’Abbeville, dans la Somme, les archers précis et rapides du roi Edouard III ont raison des arbalétriers génois de Philippe VI, engoncés dans leurs armures, et surtout de la cavalerie lourde française. Un vrai massacre !

Après avoir joué un rôle capital sur les champs de bataille, les arcs et les flèches furent détrônés par les arquebuses, les mousquets et les bombardes vers la première moitié du 16ème siècle. Pourtant les anglais leur firent encore longtemps confiance. C'est ainsi que leurs archers intervinrent en 1627 dans une bataille qui se déroula dans l'île de Ré puis, à quelque temps de là, alors que fusils et mousquets équipaient déjà les soldats au siège de La Rochelle où les armées royales, conduites par le cardinal de Richelieu, vainquirent l'opiniâtre résistance des protestants français.

Beaucoup plus tard, la flèche et la poudre devaient s'allier fort efficacement et durablement (malheureusement). Cette alliance s'est concrétisée en mer, sur les gros navires spécialisés dans la chasse à la baleine. Les harpons utilisés à cette occasion ne sont jamais que de lourdes flèches métalliques dont la pointe comporte une charge explosive. Lancé par un petit canon, le harpon pénètre dans les chairs de la baleine puis explose, la tuant sans qu'elle ait à subir une longue agonie comme c'était le cas lorsqu'elle était harponnée à bras d'homme.

Car la flèche peut également être utilisée sans l'intervention de l'arc. Dans la forêt sud-africaine, par exemple, les chasseurs envoient des flèches à l'aide d'une arme aussi légère qu'astucieuse : la sarbacane. C'est un bambou évidé à l'intérieur duquel une flèche est glissée au moment de tirer. L'utilisateur souffle avec violence dans l'extrémité appropriée de son « fusil » long de 1,50 à 3 mètres. De leur côté, les indiens d'Amérique du Sud empoissonnent encore fréquemment les pointes de leurs flèches au curare, un poison qui paralyse l'organisme aussitôt qu'il pénètre dans le sang. Mais cette pratique se raréfie. Toutefois l'indien se sert encore souvent de son arc pour chasser le petit gibier qui entre pour une bonne part dans son alimentation.

Mais comment oublier qu'arcs et flèches ont longtemps constitué l'unique armement des Indiens d'Amérique du Nord ? Sitting Bull, Oeil de Perdrix et bien d'autres chefs Peaux Rouges prestigieux, opposèrent longtemps ces armes aux fusils dans l'âpre lutte qu'ils livrèrent au 19ème siècle pour protéger leurs terres de l'invasion blanche.

Le saviez-vous : dans la vieille cité médiévale de Gubbio, en Italie, chaque année les habitants célèbrent le « Palio Dei Balestrieri » ? C'est un concours d'archers venus de tous les coins de la ville et des villages environnants, et vêtus comme au Moyen-âge de cottes de maille.

Arcs et flèches ont donné naissance à plusieurs sports. Le jeu de fléchettes, qui consiste à tirer à la force du poignet des flèches terminées par une pointe métallique contre une cible est encore très pratiqué en Europe. De même que le tir à l'arc est devenu un sport auquel s'adonne un grand nombre d'adeptes, qui exercent ainsi leur adresse, tout en se dépaysant dans le temps.

Notre civilisation moderne ne peut du reste pas se passer de flèches. Nous l'utilisons toujours lorsqu’il s'agit de mettre en évidence un détail particulier. Les panneaux de signalisation routière font fréquemment appel à la flèche. Beaucoup de trains rapides portent des noms comme « la flèche d’Or », ou, la « flèche d'Argent ». Il n'est pas jusqu'aux sentiments humains qui échappent à la flèche. Le malicieux Cupidon se sert-il d'une autre arme lorsqu'il cherche à unir deux êtres par les liens de l'Amour.

Historique de Guillaume Tell (Historiques)

Héros légendaire suisse de la fin du 13ème siècle et début du 14ème siècle. Personnage historique ou personnage de légende? Il est possible que l'homme nommé Guillaume Tell n'ait jamais existé; mais à la même époque a vécu un homme courageux, fin arbalétrier, patriote, dont on ignore le nom et qu'on a surnommé Guillaume Tell.

Son histoire

A la fin du 13ème siècle, dans les vallées d'Uri, de Schwyz et d'Unterwalden, les baillis des Habsbourg, grands seigneurs voisins, maîtres de l'Empire, oppriment durement les habitants: un jour, un paysan de Bürglen, Guillaume Tell, se rend à Altdorf et refuse de s'incliner devant le chapeau du bailli Gessler, dressé sur une pique. Furieux, Gessler ordonne à Guillaume Tell de démontrer ses qualités d'arbalétrier en perçant de sa flèche une pomme placée sur la tête de son fils; il y parvient, mais, ayant menacé le bailli, il est arrêté; il réussit à s'échapper et, un peu plus tard, il tue Gessler. Il rejoint alors les conjurés d'Uri, de Schwyz et d'Unterwalden, qui, dans la prairie du Rütli (sur la rive ouest du lac des Quatre‑Cantons), jurent une alliance perpétuelle contre les Habsbourg. Ainsi naît la Confédération helvétique.

Le mythe à travers les siècles

Le mythe de Guillaume Tell est né à la fin du 14ème siècle: une chanson et une chronique mentionnent pour la première fois Guillaume Tell et la légende de l'arbalète, commune à bien des mythes relatifs à la liberté. Au 15ème siècle, Aegigius Tschudi, auteur du Chronicon helveticum, donne à la légende sa forme définitive et date l'événement de 1307. Mais, au 18ème siècle, le texte du pacte du Rütli, qui date de 1291, est retrouvé. Comment concilier cette date avec la date légendaire? Le drame de Schiller consacré à Guillaume Tell (1804) redonne un regain de crédibilité à la légende. Les historiens du 19ème siècle relèvent les erreurs et les invraisemblances du mythe et, au scandale des patriotes suisses, ravalent l'histoire de Guillaume Tell au niveau de la légende.

Au 20ème siècle, des historiens ont recherché dans le mythe, au-delà de ses invraisemblances, un fond de vérité, que la tradition populaire a déformé et enjolivé. Le bailli Gessler n'a jamais existé; Guillaume Tell n'est sans doute qu'un surnom. Cependant, en 1291 un bailli appartenant à la famille des Habsbourg a été tué par un paysan d'Uri, des châteaux ont été incendiés et Rodolphe de Habsbourg a dû promettre aux hommes des vallées qu'il ne les ferait plus juger par ses baillis, mais par leurs pairs. Lorsque le 1er août 1291, peu après la mort de Rodolphe, les conjurés du Rütli rendent public leur pacte, c'est pour qu'à l'avenir cette promesse, gage de leur autonomie, soit respectée.

Guillaume Tell a-t-il réellement existé, certainement pas, mais beaucoup d'arbalétriers s'investissent dans la discipline afin que ce héro de légende reste à tout jamais dans notre mémoire et perdure jusqu'à la fin des temps.
 

Représentation de Guillaume Tell

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